Une série d’animations à Pléhédel (Côtes d’Armor)

La Commune de Pléhédel à l’initiative de la bibliothèque propose de découvrir à partir du 26 mars et jusqu’au 2 avril une exposition temporaire et un programme d’animations sur la  pêche à Islande et à Terre-Neuve.
Cette exposition rappelle à travers des objets ce que fut il y a deux siècles le quotidien des matelots engagés dans l’activité morutière. Elle permet de comprendre l’importance de ces virées lointaines mais aussi à travers les objets et les documents les difficultés des pêcheurs d’antan en milieu hostile. Une causerie qui aura lieu le samedi 27 mars réunira tous ceux qui se sentent concernés dans leur passé familial par la mémoire du Grand Métier.

D’autre part il est difficile d’évoquer l’épopée de la pêche à la morue et plus particulèrement l’épopée islandaise sans évoquer Pierre Loti à qui l’on doit de l’avoir portée à une connaissance quasi universelle. Paimpol et sa région doivent à Pêcheur d’Islande une partie de leur notoriété.

                                                                     Voir : Tout le programme

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Bibliographie de la Grande Pêche

 LERIBAUX Philippe, QUERRE, Christian. Pêcheurs à Islande Ed. Le Télégramme. 2007.

PALMADOTIR, Elin. Les Pêcheurs Français en Islande, Trois siècles de campagnes : mythes et réalités. Thélès 2007

KERLEVEO, Jean. Paimpol au temps d’Islande. Lyon : Edition Chronique sociale de  France,1944.

ROTURIER, Patrice. Islandais, Mémoire de la Grande Pêche. Rennes, Apogée, 1999.

QUERRE, Christian. Les Terre-Neuvas de la baie de Saint-Brieuc. Editions du Dahin, 1998.

CAZEILS, Nelson. Cinq siècles de pêche à la morue, Terre-Neuvas et Islandais. Editions Ouest-France, 1997.

CHAPPE, François. L’Epopée islandaise, 1880-1914, Paimpol, La République et la mer. L’Albatros,1990.

LE BOT, Jean. Les Bateaux de Bretagne Nord aux derniers jours de la voile. Grenoble : Debanne,1984.

CONVENANT, René. Galériens des brumes. Editions de l’ancre Marine, 1998.

LECHANTEUR, Monique. La fin des Terre-Neuvas. Editions de l’ancre Marine,1989.

Avril, Jean-Loup, QUEMERE, Michel. Pêcheurs d’Islande. Rennes, Editions Ouest-France, 1984.

LACROIX, Louis. Les Derniers morutiers Terre-Neuvas, islandais.

Pêcheurs de Terre-Neuve, Récit d’un ancien Pêcheur.  Illustrations de E. YRONDY. Editions de L’Ancre de Marine. 1986, Réédition de l’éd. de 1905.

DUBOIS, Jacques. Le Jardinier des mers lointaines, Tonton Yves pêcheur d’Islande. Ed. Jean Picollec,1980.

LE MARREC, Pierre. L’Aventure de la mer, La vie des pêcheurs de morue. 1993.

BERNET, Etienne. Bibliographie francophone de la Grande Pêche. Association Fécamp Terre-Neuve. 1998.

Ed. Jeunesse : Albums :

CERISIER Emmanuel,  HUMANN Sophie. Perdu en mer, la pêche à Terre-Neuve. Archimède ; L’Ecole des Loisirs. 2009

BRESSON, Pascal. Terr-Neuvas, l’impitoyable métier, récit d’un jeune mousse. Editions Ouest-France, 2005.

 

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Les traces du passé

Paimpol et sa région sont riches des traces authentiques de ce passé rattaché  à la pêche à Islande et à  Terre-neuve. Mais la  réalité économique, professionnelle, sociale de cette période de l’histoire, la réalité humaine de la vie, de la mort, du travail, de la souffrance morale et physique,  s’effacent avec les témoignages directs qui disparaissent,  devant le mythe véhiculé par les personnages de Loti.

Cet imaginaire est d’autant plus fort que les paysages des Côtes d’Armor sauvages et irréels entretiennent la légende alors que les mutations modernes éloignent la réalité. Mais s’il y a mythe il n’y a pas mystification.

                                

                                    

  Sur le port de Paimpol, aujourd’hui

Les belles maisons qui le bordent sont les anciennes maisons d’armateurs.

   

Les quais portent des noms évocateurs : Quai Morand ( nom de l’armateur qui arma la première goëlette pour l’Islande), Quai Loti…

                                       

L’actuelle peinture des hangars et des magasins d’accastillage donne au port un petit air d’Islande

 

 

 

 

 

  Les enseignes des restaurants et hôtels installés sur les quais témoignent de ce passé que l’actuel  port de plaisance évoque volontiers, non seulement pour des visées touristiques, mais très souvent parce que leurs propriétaires ont un passé familial relié à la pêche.

                              

 

 La Fête des Chants de marins qui a lieu tous les deux ans au mois d’Août, recrée un peu de l’ambiance de la Fête des Islandais.

                              

                                         

Autour de Paimpol…

   

Les lieux, dans Paimpol et aux alentours de ce  port de la pêche hauturière, rappellent la réalité de cette partie de l’histoire économique et sociale de la région mais ils célèbrent aussi le mythe que Pierre Loti et bien d’autres auteurs (Anatole Le Braz, CharlesLe Goffic…) et  compositeurs (Théodore Botrel, Guy Ropartz…) ont contribué à faire naître et à perpétuer.

Pors Even, Ploubazlanec…

 

Près du petit village de Pors Even la Chapelle de Perros Hamont abrite des ex voto authenttiques à la mémoire des marins de Ploubazlanec

Pierre Loti est venu souvent sous le porche de la chapelle des naufragés.

Gaud  l’héroïne de Pêcheur d’Islande y calme l’angoisse de l’attente du retour de Yann : « elle était venue pour la première fois s’asseoir sous ce porche de chapelle,relire les noms des jeunes hommes morts

En mémoire de

GAOS Yvon, perdu en mer

aux environs de Norden-Fjord »

Les femmes de marins se regroupaient autour de la Croix de granit Croas Pell devenue depuis la Croix des Veuves pour attendre le retour des goëlettes.

«  Autour de cette croix de Pors-Even, il y avait les landes éternellement vertes, tapissées d’ajoncs courts… On voyait se découper très loin, les unes par dessus les autres, toutes les découpures de la côte… » (Pêcheur d’Islande)

La Chapelle de la Trinité, en dessous de la Croix des Veuves est dédiée à Notre -Dame des marins. Saint- Pebrel venu de Cornouaille, au 6ème siècle avait  abordé à cet endroit et y avait fait édifier un Oratoire dédié à la Trinité. Six siècles plus tard, venant se ravitailler sur le continent, des moines de l’île de Saint-Riom furent pris dans une violente tempête. Implorant la Trinité,  leur bateau échoua sur la côte sans faire de victimes. Ils firent le voeu de bâtir une chapelle à cet endroit. La chapelle actuelle date de 1868. Le Pardon y est célébré le 4ème dimanche après Paques.

« On continua de marcher au delà du hameau de Pors-Even et de la maison de Gaos. C’était pour se rendre, suivant l’usage traditionnel des mariés du pays de Ploubazlanec, à la chapelle de la Trinité, qui est comme au bout du monde breton… »

 

Dans le cimetière Ploubazlanec le Mur des Disparus rappelle sur des plaques commémoratives les pertes humaines subies au cours des campagnes de pêche en Islande.

 

 

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De l’autre côté : l’Islande

 

Surnommée « l’île d’enfer » par les pêcheurs bretons, l’Islande ou  pays de glace est d’origine volcanique. Le cercle polaire frôle sa côte septentrionale. Son rivage sud, inhospitalier et peu accidenté, n’offre aucun abri. Les autres côtes sont déchiquetées par les fjords aux parois verticales.

De l’autre côté de la mer, l’Islande offre encore ces paysages de pierres, de glace et de feu qui ont tant marqué les pêcheurs qui y effectuèrent les campagnes de pêche.

 Yves Le Roux, le jardinier des mers lointaines, naufragé rescapé de la goëlette l’Aurore raconte à la fois la dureté de ce pays :  « Oui, c’était une terrible région que celle-là… » et la « chaleur humaine généreusement prodiguée par ceux qui les accueillent, leur offrent gîte et table tout simplement, à la manière des pauvres au grand coeur… »

De nombreuses traces témoignent encore aujourd’hui de cette présence des pêcheurs français, essentiellement Bretons. Sur la photo : ce qui reste de l’hôpital français, construit en 1905 dans la petite localité de Kaskrudsfjordur qui a accueilli les marins français jusqu’en 1914. Aujourd’hui les panneaux de signalisation y sont encore écrits dans les deux langues. Démoli en 1922  l’hôpital fut reconstruit dans le fjord puis laissé à  l’abandon. Un projet de rénovation a été annoncé.

Dans le vieux cimetière de Sudurgata à Reykjavick, une stèle en granit a été érigée par les hommes du pays, en hommage aux pêcheurs d’Islande disparus sur les côtes islandaises.  Sur la pierre sont gravés les derniers mots de « Pêcheur d’Islande » :

 » Il ne revint jamais. Une nuit d’août là-bas, au large de la sombre Islande, au milieu d’un grand bruit de fureur, avaient été célébrées ses noces avec la mer. »

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