Archives de Catégorie: Pierre Loti

Pierre Loti (1850-1923) : un artiste cosmopolite aux multiples talents

Pierre Loti, de son vrai nom Julien Viaud, fut officier de marine, romancier, grand voyageur polyglotte, musicien mais également dessinateur de talent.

Son œuvre autobiographique et romanesque nous conduit en Turquie (Aziyadé), au Sénégal (Le roman d’un spahi), ou au Japon (Madame Chrysanthème). Il a aussi voyagé de l’Égypte à Tahiti en passant par l’Inde…

Pêcheur d’Islande
se déroule en des lieux moins exotiques, pourtant ce fut le plus grand succès de Loti. Maintenant que l’épopée islandaise est terminée, on doit à Loti la perpétuation dans les mémoires de cet extraordinaire islandais qui marque encore tant les lieux.

Ce personnage fascinant fut aussi un dessinateur de talent. Un beau livre paru à l’automne 2009 : Pierre Loti dessinateur, une œuvre au long cours, rend hommage à cette part moins connue de l’écrivain.

Célèbre de son temps, à 42 ans il est élu à l’Académie Française contre Emile Zola. À sa mort en 1923, Loti reçoit des funérailles nationales. Sa maison de Rochefort est devenue un musée où l’on retrouve l’univers magique et exotique de l’écrivain et les souvenirs de sa vie.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Grands thèmes, Pierre Loti

Gaud Mevel comme peintre impressionniste

Impression soleil levant de Claude Monet

Pêcheur d’Islande a été écrit avec une précision d’ethnologue et même si parmi ses nombreux voyages Pierre Loti n’est pas allé dans les régions arctiques, sa connaissance du cadre géographique, ses observations d’une grande justesse sur la société bretonne d’alors, sa documentation précise sur la pêche hauturière confèrent à son roman un haut degré de réalisme.

Pourtant, son écriture fragmentée et floue,  n’est pas sans rappeler  la démarche de l’Impressionnisme. Certaines pages de Loti ont une saisissante similitude avec les toiles du peintre de Giverny. Ainsi les atmosphères, les espaces et les couleurs tels que Gaud les perçoit en parcourant la lande tout au long du roman en font une œuvre « impressionniste » et les descriptions se chargent d’une  part impalpable de rêve.

 Le soleil n’était lui-même qu’un autre cerne, presque sans contours,agrandi jusqu’à l’immense par un halo trouble…  (Pêcheur d’Islande)

Poster un commentaire

Classé dans Grands thèmes, Pierre Loti

Richard Berrong

Richard Berrong  est professeur de français à l’Université de Kent, dans l’Ohio. Il y a une dizaine d’années, après la lecture de Pêcheur d’Islande,  il se passionne pour Pierre Loti et pour le pays de Gaud et Yann : cette région des  Côtes d’Armor qui fut aussi le cadre de Mon Frère Yves.

En pédagogue perfectionniste, il fait de Pierre Loti auprès de ses étudiants, une référence pour l’apprentissage de la langue française et un thème d’étude littéraire.

Il effectue de nombreux séjours dans la région de Paimpol et se plaît à dire qu’après avoir fait découvrir Pierre Loti à ses étudiants américains il espère le faire découvrir aux jeunes français !

Sensible à l’écriture de l’écrivain voyageur, il s’intéresse aux similitudes du roman avec la peinture impressionniste et plus particulièrement avec l’oeuvre de Monet, nouveau chantier de recherche à explorer dont il donnera un aperçu lors de sa conférence du 30 mars.

Poster un commentaire

Classé dans Grands thèmes, Pierre Loti

Une série d’animations à Pléhédel (Côtes d’Armor)

La Commune de Pléhédel à l’initiative de la bibliothèque propose de découvrir à partir du 26 mars et jusqu’au 2 avril une exposition temporaire et un programme d’animations sur la  pêche à Islande et à Terre-Neuve.
Cette exposition rappelle à travers des objets ce que fut il y a deux siècles le quotidien des matelots engagés dans l’activité morutière. Elle permet de comprendre l’importance de ces virées lointaines mais aussi à travers les objets et les documents les difficultés des pêcheurs d’antan en milieu hostile. Une causerie qui aura lieu le samedi 27 mars réunira tous ceux qui se sentent concernés dans leur passé familial par la mémoire du Grand Métier.

D’autre part il est difficile d’évoquer l’épopée de la pêche à la morue et plus particulèrement l’épopée islandaise sans évoquer Pierre Loti à qui l’on doit de l’avoir portée à une connaissance quasi universelle. Paimpol et sa région doivent à Pêcheur d’Islande une partie de leur notoriété.

                                                                     Voir : Tout le programme

1 commentaire

Classé dans Grande pêche, Pierre Loti

Les traces du passé

Paimpol et sa région sont riches des traces authentiques de ce passé rattaché  à la pêche à Islande et à  Terre-neuve. Mais la  réalité économique, professionnelle, sociale de cette période de l’histoire, la réalité humaine de la vie, de la mort, du travail, de la souffrance morale et physique,  s’effacent avec les témoignages directs qui disparaissent,  devant le mythe véhiculé par les personnages de Loti.

Cet imaginaire est d’autant plus fort que les paysages des Côtes d’Armor sauvages et irréels entretiennent la légende alors que les mutations modernes éloignent la réalité. Mais s’il y a mythe il n’y a pas mystification.

                                

                                    

  Sur le port de Paimpol, aujourd’hui

Les belles maisons qui le bordent sont les anciennes maisons d’armateurs.

   

Les quais portent des noms évocateurs : Quai Morand ( nom de l’armateur qui arma la première goëlette pour l’Islande), Quai Loti…

                                       

L’actuelle peinture des hangars et des magasins d’accastillage donne au port un petit air d’Islande

 

 

 

 

 

  Les enseignes des restaurants et hôtels installés sur les quais témoignent de ce passé que l’actuel  port de plaisance évoque volontiers, non seulement pour des visées touristiques, mais très souvent parce que leurs propriétaires ont un passé familial relié à la pêche.

                              

 

 La Fête des Chants de marins qui a lieu tous les deux ans au mois d’Août, recrée un peu de l’ambiance de la Fête des Islandais.

                              

                                         

Autour de Paimpol…

   

Les lieux, dans Paimpol et aux alentours de ce  port de la pêche hauturière, rappellent la réalité de cette partie de l’histoire économique et sociale de la région mais ils célèbrent aussi le mythe que Pierre Loti et bien d’autres auteurs (Anatole Le Braz, CharlesLe Goffic…) et  compositeurs (Théodore Botrel, Guy Ropartz…) ont contribué à faire naître et à perpétuer.

Pors Even, Ploubazlanec…

 

Près du petit village de Pors Even la Chapelle de Perros Hamont abrite des ex voto authenttiques à la mémoire des marins de Ploubazlanec

Pierre Loti est venu souvent sous le porche de la chapelle des naufragés.

Gaud  l’héroïne de Pêcheur d’Islande y calme l’angoisse de l’attente du retour de Yann : « elle était venue pour la première fois s’asseoir sous ce porche de chapelle,relire les noms des jeunes hommes morts

En mémoire de

GAOS Yvon, perdu en mer

aux environs de Norden-Fjord »

Les femmes de marins se regroupaient autour de la Croix de granit Croas Pell devenue depuis la Croix des Veuves pour attendre le retour des goëlettes.

«  Autour de cette croix de Pors-Even, il y avait les landes éternellement vertes, tapissées d’ajoncs courts… On voyait se découper très loin, les unes par dessus les autres, toutes les découpures de la côte… » (Pêcheur d’Islande)

La Chapelle de la Trinité, en dessous de la Croix des Veuves est dédiée à Notre -Dame des marins. Saint- Pebrel venu de Cornouaille, au 6ème siècle avait  abordé à cet endroit et y avait fait édifier un Oratoire dédié à la Trinité. Six siècles plus tard, venant se ravitailler sur le continent, des moines de l’île de Saint-Riom furent pris dans une violente tempête. Implorant la Trinité,  leur bateau échoua sur la côte sans faire de victimes. Ils firent le voeu de bâtir une chapelle à cet endroit. La chapelle actuelle date de 1868. Le Pardon y est célébré le 4ème dimanche après Paques.

« On continua de marcher au delà du hameau de Pors-Even et de la maison de Gaos. C’était pour se rendre, suivant l’usage traditionnel des mariés du pays de Ploubazlanec, à la chapelle de la Trinité, qui est comme au bout du monde breton… »

 

Dans le cimetière Ploubazlanec le Mur des Disparus rappelle sur des plaques commémoratives les pertes humaines subies au cours des campagnes de pêche en Islande.

 

 

2 Commentaires

Classé dans Grande pêche, Pierre Loti