Archives de Catégorie: Pêche à Terre-Neuve

La Grande Pêche à Islande et à Terre-Neuve

Pendant plusieurs siècles, la pêche à la morue a tenu une place prépondérante dans l’économie de plusieurs régions de notre littoral. Elle a fait vivre la Baie de St-Brieuc, la côte de Goëlo et du Trégor autant que St-Malo, Fécamp ou Dunkerque. A l’apogée de la pêche à Islande Paimpol armait 80 goélettes, une flotte imposante qui non seulement donnait du travail aux « gens de mer » mais nécessitait l’existence de nombreuses activités commerciales, artisanales et industrielles directement liées à l’armement des navires et à la vente de la « morue verte » et de la « morue sèche ».Chaque année du milieu de l’hiver au début du printemps, des centaines de goélettes ou trois-mâts et leurs matelots partaient pour des campagnes de six à huit mois, à des milliers de kilomètres de nos côtes.

 
Jusqu’en 1900 les voiliers eurent l’exclusivité de cette pêche, avant que les chalutiers n’apparaissent. 1935 marque la fin de la pêche sur des navires à voiles. Les équipages étaient composés de marins, mais aussi de nombreux paysans qui retrouvaient leurs champs au retour- si toutefois ils revenaient… Dans ces mers froides et dangereuses où sévissent tempêtes violentes et brumes épaisses, la menace de mort étaient permanente.
Malgré les souffrances et les successions de sinistres endeuillant régulièrement les familles, les hommes embarquaient chaque mois de février ou de mars pour Terre-Neuve ou Islande. On y voyait volontiers pour les mousses une éducation virilisante mais surtout comme le dit une veuve d’islandais, citée par Mgr Kerleveo : « Ar bara e oa du-haut…Le pain était la-bas ».

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Campagnes de pêche sur les bancs de Terre-Neuve

 La traversée  

Terre-neuvier en route

 
 
Les  navires,  des trois-mâts, appareillent en Février/Mars. En cette période le capitaine prend généralement la route sud descendant vers l’Espagne pour rentrer dans la zone des alizés de Nord-Est. La traversée dont la durée s’est réduite au cours des décennies,   grâce  au perfectionnement des navires et des instruments de mesure, dure un peu plus de 4 semaines.

 L’arrivée sur les bancs

L’approche des bancs est nettement indiquée par un froid très vif, l’apparition de la brume et la rencontre des bandes de « godillons » oiseaux proches des guillemots puis, sur les bancs, des « dadins » oiseaux à la chair comestible.

L’arrivée sur les bancs exige de soigner la méridienne et de sonder souvent pour ne pas manquer « l’atterrissage » car entre 42° et 45° les fonds peuvent aller de 1000m à 60m.

La campagne sur les bancs dure environ six mois.

La morue est très abondante sur les bancs car la carte des courants (Gulf-Stream et Labrador), l’embouchure du Saint-Laurent chargé de déchets organiques, créent un milieu propice à la vie des espèces mais les conditions de pêche en hiver sont extrêmement dures dans ces mers où alternent brumes épaisses et vent violent, sans oublier les glaces flottantes et les icebergs.

 

 

 

 

Dans la pêche errante avec les doris, de plus en plus pratiquée, la morue est préparée et salée à bord et souvent les hommes ne voient pas la terre pendant toute la campagne. 

 

Le retour

 A la fin du mois d’Août, les trois-mâts rejoignent les grands ports français de décharge (Marseille puis La Rochelle et surtout Bordeauxet Bègles) où la morue est vendue. Une partie de l’équipage est rapatriée en Bretagne par train, une autre continue la campagne pour des activités commerciales.

les bateaux attendent pour décharger la morue dans la rade de Bordeaux

Débarquement de morue à Bègles

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Le trois-mâts terre-neuvier

 

Le navire terre-neuvier  de la fin du XIXème est un solide trois-mâts sur lequel étaient embarqués les doris : on les voit ici empilés sur le pont.

Ces bateaux d’une tonture assez prononcée et élégante ont la varangue assez plate et le maître couple bien rempli pour être porteurs. Les façons de  l’arrière   douces  lui  donnent  une  marche  avantageuse  et  l’avant, légèrement déversé,  est muni d’un guibre d’un très joli dessin souvent orné d’une sculpture.

Les principales dimensions d’un terre-neuvier sont en moyenne :

  • longueur de 45 mètres hors tout
  • largeur maximum de 9 mètres 30
  • 380 tonneaux de jauge brute
  • 4 mètres 25 de tirant-d’eau

 

 

 Il est grée en barque ou en goélette. Le trois-mâts barque  a ses deux premiers mâts (misaine et grand mât) qui portent des voiles carrées (en forme de trapèze), tandis que sur le trois-mâts goélette  seul le mât de misaine est grée avec ce type de voile.

Plan de voilure d’un terre-neuvier  de 480 tonnes, soit 785 m2  de surface totale. Indépendamment des deux voiles goélette dont on sait le maniement aisé, une voilure aussi divisée permettait de bonnes conditions de navigation par tous les temps, même avec un équipage réduit à la manœuvre.

Autre caractéristique des terre-neuviers : le doublage en cuivre, seul remède radical contre le taret, parasite du bois qui abonde dans les eaux de Terre-Neuve et devenu un véritable fléau dans le mode de pêche errante adopté lors  des  campagnes  à  Terre-neuve.  Les derniers bateaux  au début du XXème siècle furent des constructions  en acier. Tel  le dernier terre-neuvier (quatre- mâts goélette, morutier mixte motorisé), le « Zazpiakbat » appelé plus familièrement « Zaza »

Tous les apparaux de mouillage jouaient un rôle important dans le terre-neuvier puisque le bateau effectuait la pêche au mouillage, l’équipage embarquant dans les doris.

Le dispositif  le  plus  important  était  le guindeau qui permettait de relever la chaîne d’ancre toutes les fois que le bateau changeait de mouillage. Un énorme progrès dans les derniers temps des terre-neuviers fut la mécanisation des guindeaux.

 

 

Plan d’un navire morutier

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