A l’origine on a le breton « gouelan », qui veut dire « pleurer » et qui donne son nom au goéland, oiseau pleureur. Mais le goéland est aussi un bel oiseau blanc, à la silhouette élégante : à son tour il a donné son nom à la goélette pour sa forme élancée et l’impression de légèreté qu’elle dégage.
La goélette islandaise a éliminé progressivement les brigantins, bricks, lougres, sloops, chasse-marées…mal adaptés aux conditions de tempête de la mer d’Islande. A partir de 1880 la goélette à hunier devient le navire islandais par excellence. Elle fut conçue et modifiée progressivement grâce aux indications des capitaines jusqu’à devenir le bateau le mieux adapté à la pêche errante telle qu’elle se pratique en Islande : à la fois légère pour bien lever à la lame et rapide pour bien tenir le « près » même par mer très dure. Robuste et très marine, elle se laisse porter sous voilures réduites même avec une bonne cargaison.
Belle apparence, reconnaissable à sa voûte élancée, à la mâture verticale et souvent souquée vers l’avant et au hunier du mât de misaine, qu’on manoeuvrait du pont.
Sa silhouette est bien connue grâce aux deux goélettes actuelles de l’Ecole Navale : L’Etoile et La Belle Poule construites sur le modèle des goélettes islandaises.
Les dimensions de la goélette islandaise sont en moyenne :
- 35 mètres de longueur
- 7 mètres 50 de largeur
- 200 tonneaux, dotée d’une cale de 5 mètres de profondeur
- surface totale de la voilure environ 460 M2
- Sa vitesse va de 7 à 10 noeuds
- l’équipage est de 20 à 22 hommes
Les voiles de la goélette islandaise :
Coupe de la coque d’une goélette :
En (A) se trouve le carré où loge l’état –major, seul le capitaine a droit à un semblant de cabine : tout le monde couche dans des cabanes, sortes de lits clos aménagés dans les parois du carré
En (B) une soute et en (C) une cambuse permettant de serrer toutes sortes de provisions et de matériel
En (D) est la cale à vin et à cidre où l’on ramasse aussi les provisions d’eau de vie
(E) est la cale à poisson, elle est traversée verticalement par les épontilles soutenant les barrots du pont et par l’archipompe (F) entourant le pied du grand mât
(H) est le puits aux chaînes
En (J) on trouve le poste d’équipage où s’entassent les hommes : ils y dorment dans leurs cabanes, s’y reposent et y prennent leurs repas. En dépit du petit poêle à charbon dont le tuyau sort par la claire-voie l’humidité y est constante et il faut fermer la descente pour éviter les paquets de mer. C’est dans cette ambiance confinée et dans des conditions d’hygiène et de saleté déplorables que des islandais vivent pendant près de 6 mois.
Sous le plancher du poste sont aménagés en (K) les caisses à eau potable.
Enfin (L) est le « gaviot où sont stockés les provisions de charbons de bois et de terre pour les poêles et la cuisine.
Extrait de Jean Le Bot : Les Bateaux des côtes de la Bretagne Nord aux derniers jours de la voile.
La Glycine dernière goélette islandaise de Paimpol a fait sa dernière campagne de pêche en 1935.








Que de recherche!Belle documentation!
Beau travail!
On lit,on relit sans jamais se lasser.
Nous imaginons mieux ce que pouvait être la vie de nos arrières grands parents….
Merci pour la grande qualité de ce site.
Ne deviendriez vous pas un peu “bretonnes”,chères dames du “Sud”.
Du fond du coeur Bravo et Merci!
Merci Nicole;
As-tu mis le lien sur ton site, comme invitation à ceux qui ne seront que de passage, à mieux connaître ce qui fait l’âme profonde de ce beau pays ? Il m’a fallu faire cette longue recherche pour le comprendre et cela change le regard sur les lieux et les gens.